Comme un bateau à la dérive : le pardon

C’est comme un grand vide. C’est calme et lourd à la fois. Que se passe t’il en moi ? Je suis comme en attente. Quelque choses se termine, et j’ai cette sensation de m’être coupée de mes rêves. Y a t’il un temps pour chaque chose ? Oui, probablement. Suis-je en train de digérer ? Ou dans l’anticipation d’une digestion proche ?

C’est chavirant le changement. Comme un bateau dont les voiles se gonflent et nous mènent vers une rive dont on ne connaît pas la destination. J’ai très envie de monter dans ce bateau, il est mon guide, mon corps, ma matérialité qui me mène pour réaliser mes rêves.

C’est étrange ces impulsions qui vont et viennent, comme les vagues qui parfois chahutent et parfois bercent. Parfois, on arrive à naviguer calmement, et puis des fois, ça tangue et le ciel s’y met aussi ! Plus de visibilité ! Encore ce voile de croyances, de peurs, de doutes, encore ces questionnements…

Je sens qu’il faut laisser aller, et même si mon bateau connaîtra des tempêtes, il sera également mon allié pour aller à destination.

Si je n’arrive pas à naviguer, c’est que mon bateau est peut-être trop chargé. Faudrait-il que je lâche du leste ? Alléger oui.

Je crois que je trimbale trop de sacs encore. Il est temps de m’en séparer, car ils m’encombrent plus qu’autre chose, et ce bateau, il n’entend plus rien !

Je vais dans la cale, ou tout se déplace, va et vient… Un gros sac en cuir, des malles, de vieilles malles. Je sais ce qu’elles contiennent. Trop de poids inutile à présent. Je saisi « la malle ». Qu’elle est lourde ! Je la traîne, encore et encore. J’ai réussi. Je suis sur le pont. Je la contemple avec émotions. Je sais ce qu’elle contient. Je ne cherche pas à me séparer mais à m’alléger. Il y a beaucoup de tristesse et de colère à l’intérieur. Tout cela m’encombre, comme la poussière d’un grenier. J’ai besoin de respirer à nouveau. J’ai besoin de renouveau. J’ai besoin de pardonner, et de me pardonner. J’ai besoin d’enlever ce sentiment de culpabilité. Parfois, je songe à un retour en arrière, mais ce serait juste une fuite.

Je pose ma main sur la malle. Finalement, je vais l’ouvrir. Je ne m’en débarrasserai pas, c’est utile une malle. Je vais regarder une nouvelle fois à l’intérieur. Le contenu est sombre, comme une sorte de gros nuage noir comme dans “Les animaux fantastiques”.
Rejet, culpabilité, trahison, colère, tristesse, déception, perte.

Je regarde le rejet. Je me suis longtemps rejetée je crois, alors Merci. J’apprends aujourd’hui à m’accepter et à m’aimer.

Culpabilité. Je regrette que cette situation ai dérapé. Si je n’avais pas changé, si j’étais toujours soumise, sans oser dire ce que je ressens et ce que je pense, je n’en serai pas là aujourd’hui. J’apprends l’affirmation de soi. Poser mes propres limites. Alors Merci, aujourd’hui, je suis à l’écoute des mes besoins, m’exprime avec plus de confiance et de bienveillance. Je fais ce qui est juste pour moi.

Trahison. C’est un sentiment puissant, que je lie au rejet. Comme un couperet. Suis-je honnête envers moi-même. Ne suis-je pas entrain de me trahir en occultant une partie de moi-même ? Alors Merci, car aujourd’hui je ne cherche plus à plaire, ni à être acceptée par l’autre. Je m’accorde du temps, de la place et de l’amour. Je suis qui je suis, et je rencontre d’autres personnes qui m’apprécie ainsi.

Colère. Un sentiment enfouis depuis très longtemps je crois. Je ne me suis pas autorisé l’expression de cette émotion. Je l’ai cristallisée dans mon corps ! Merci, car aujourd’hui je me positionne, ça sort, et ça fait du bien ! Je conscientise ainsi mon mécontentement, mon désaccord.

Tristesse. J’ai mis longtemps à comprendre l’utilité de ce sentiment et du pouvoir purificateur des larmes. Je nettoie toutes ces émotions. J’évacue, je laisse aller ce qui me submerge et éteint les feux de ma colère.

Déception. Déçue de la tournure des évènements. Déçue de réactions inattendues. Merci. Je ne suis pas la pensées de l’autre, et chacun a sa propre histoire, ses propres réactions, qui sont justes pour elles. J’apprends à ne pas m’accrocher, et respecter le libre arbitre de chacun. Ne pas être dans l’attente. Juste être.

Perte. Les conflits éloignent parfois. Dans la perte, il y a la notion de manque et d’attachement, parfois même de la dépendance affective. Merci. J’apprends le détachement, l’acceptation de ce qui est. L’amour est toujours présent.

La masse noire dans la malle n’est plus noire. D’ailleurs, elle n’est plus dans la malle. Je la porte dans mes bras, comme si je portant un enfant. C’est un enfant apaisé, qui je crois s’est endormi.

Je lève les yeux au ciel. Tout est bleu, calme et le soleil est éclatant. Dans un geste conscient, je lève les bras vers le ciel et de la poudre d’or rejoint les étoiles.

Merci. Merci. Merci. Pour toutes ces compréhensions, si difficiles parfois soient-elles.
Merci. Merci. Merci. Pour ces mises en lumières.

Je me pardonne, j’ai fais comme j’ai pu.
Je te pardonne, tu fais comme tu le peux.

Je garde la malle. Peut-être contiendra t’elle d’autres trésors que je penserai porter comme un fardeau et que je transformerai encore en or. La vie est un mouvement perpétuel.

Je suis sur le pont. Tout est calme, et le soleil brille sur l’eau, comme des éclats de diamants. La journée s’achève, et la page se tourne.

Mon bateau avance calmement. Je laisse faire. Tout est si beau.

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