La page blanche…

On y est : premier septembre. Il flotte dans l’air comme un parfum de rentrée. Les sacs se remplissent de fournitures, de cahiers, de stylos… On choisit ses couleurs, on se prépare et on commence à se projeter.

Il y a comme deux temps dans l’année, deux dates : le 1er janvier et ce début de septembre. La première est souvent ponctuée de projets, de nouvelles intentions… La seconde sonne comme la matérialisation, l’action.

Sous la chaleur encore présente de l’été, le passage à la saison de l’automne s’amorce doucement… C’est une moitié d’année qui s’achève, avec cette période estivale où résonnent les cris de joie des enfants, la liberté, les fins de journées entre amis ou seul(e), le temps qui s’écoule doucement. Tous ces endroits que l’on découvre et que l’on redécouvre. 

La page blanche n’est déjà plus blanche. Mots mots et pensées s’inscrivent et apparaissent. Tout s’écrit, et parfois, il y a comme cette sensation de perte de repères. 

Septembre, c’est cette r”entrée” à nouveau dans ce cycle scolaire, qui rythme notre année : nouvelle classe, nouveaux professeurs, nouveaux amis, nouveau travail, nouveau lieu de vie, nouvelle vie….

On oublie parfois qu’avant cette page blanche qui parfois impressionne, il y a d’innombrables histoires et expériences vécues avant et que cette page est à inventer avec ce que nous sommes aujourd’hui. 

Regarder le passé mais ne pas s’y attarder. Quelle année déjà !!! Si riche, surprenante, difficile parfois mais si enrichissante.

Chaque matin est une page blanche qui s’éveille…

Qu’allons-nous y écrire ? Qu’allons-nous vivre ? Seul le présent nous enivrera de son doux parfum de la présence. Présence à ce que nous ressentons, présence à ce que l’on fait, présence à ce pourquoi l’on fait, présence à ce que l’on nait.

J’ai parfois cette sensation de peur, comme si tout était à refaire. Ce n’est pas un recommencement, mais une suite,… la suite de notre propre histoire. Pour chaque page terminée, une vierge se présente.

Elle est notre espace de création. A nous d’y mettre nos couleurs, nos mots, nos émotions, nos rêves, nos doutes, nos questionnements… tout ce qui fait ce que nous sommes à cet instant T.

A la rentrée, on retrouve nos repères : notre maison, nos amis, notre travail, notre environnement familier. C’est rassurant et doux. C’est drôle de voir à quel point certaines routines lassent et nous étouffent et d’autres nous offrent ce sentiment de bien-être. Ce qui est juste pour chacun d’entre nous, c’est la façon dont nous ressentons chaque transition, chaque événement, d’en saisir le sens…

La page blanche et la rentrée : cela me rappelle tant de souvenirs… Tout passe si vite.

La page blanche c’est aussi faire peau neuve, faire de la place, nettoyer, organiser, purifier. C’est aussi un espace infini de calme. 

Ma page n’est plus blanche depuis un moment. Elle me permet d’avoir ce moment de connection, d’introspection et puis cette intention de partage. Les mots iront là où il sera juste d’aller…

La vie est comme un grand livre. On y écrit des chapitres, des tomes… Pour avoir cette page, il faut d’abord clore la précédente. Fermer ce livre et remercier la vie, toujours, avec une infinie gratitude pour toute ses richesses.

La page blanche, c’est la naissance, le commencement et le détachement. C’est lâcher prise, comme les arbres qui quitteront bientôt leurs feuilles jaunies. Garder le meilleur bien au chaud dans son coeur et continuer de sourire à la vie !

Une très belle page blanche à vous !